Lieux de mémoire de la guerre 14-18 dans les Hauts-de-France et en Flandres

Medley lieux de Mémoire 1ere Guerre mondiale

Il y a maintenant 103 ans sur les champs de batailles de toute l’Europe, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois on célébrait avec soulagement, et euphorie la fin du conflit le plus meurtrier que le monde est connu jusqu’à lors.

103 ans plus tard, on célèbre toujours la fin de la première guerre mondiale. Mais qu’est ce que ce que cela évoque pour vous? Les tranchées? Des monuments aux morts avec des noms qui vous sont familiers? des cimetières et des lieux ou se recueillir?

Voici quelques uns des plus « beaux » sites à visiter pour comprendre l’ampleur de la 1ere guerre mondiale à l’époque, le nombre éffarant de morts et de disparus et les répercutions sur le paysage des Hauts de France et des Flandres 100 ans plus tard.

Église de Notre Dame de Lorette

Notre Dame de Lorette

Je me souviens de la première fois ou je suis allée à Notre Dame de Lorette. C’était l’été, il faisait lourd et il venait de commencer à pleuvoir. Malgré la pluie et la boue, les tombes jaillissaient du sol, immaculées. Ce cimetière où repose tant de soldats francais est le plus grand cimetière militaire de France. 43000 hommes morts sur les fronts d’Artois et de Flandre reposent dans ce cimetière.

On peut y voir la nécropole militaire dominée par la chapelle et la tour-lanterne et depuis quelques années, l’Anneau de la Mémoire.

L'Anneau de la Mémoire

L’Anneau de la Mémoire

L’anneau de la Mémoire regroupe 600 000 noms de soldats tombés pendant la première guerre mondiale dans la région, ordonnés de façon alphabétiques sans distinction de nationalité, de genre ou de religion. 

Philippe Prost, l’architecte retenu pour la conception de ce mémorial, a réussi à concevoir une structure qui réunit la nature, le paysage, l’art et l’histoire au service de la mémoire. Les morts sont unis dans une forme de fraternité éternelle, un message de paix universelle. “Une paix réelle mais fragile, symbolisée par ces 500 plaques de métal” le résultat est impressionnant d’autant plus qu’une voix de femme prononce ses noms, comme une litanie, monotone et apaisante. 

Vimy pour les Canadiens

La bataille de Vimy fut la seule bataille victorieuse de 1917 pour les alliés! Bien que le site ait été déminé, certaines parties restent inaccessible par soucis de sécurité. Seuls les moutons qui paissent paisiblement sur ce lieu historique y ont accès car ils permettent d’entretenir le gazon sans pertuber le sol!

Le Mémorial Canadien est très imposant, formé de deux colonnes de pierre blanche symbolisant la France et le Canada, c’est le monument canadien le plus prestigieux d’Europe. Il a été érigé pour commémorer la bataille du 9 Avril 1917 ainsi que pour célébrer la naissance de la nation canadienne! Aujourd’hui on retrouve ce monument sur les billets des dollars canadiens!

A la fin de la guerre la France fit don de la Terre entourant les anciennes tranchées au canada. les 60 000 morts canadiens marquèrent profondément le canada car proportionnellement a sa population en 1917 le nombre de morts représente un pourcentage très élevé de la population.

©Photo de Phillipe Landru

Neuville St Vaast pour les allemands

Le cimetière de Neuville St Vaast accueille tous les corps allemands venant des batailles de Vimy et d’Arras ( et des autres tranchées des environs dont les morts furent rapatriés ici à la fin de la guerre). Aujourd’hui 44 833 hommes reposent ici. Le nombre est tellement élevé que l’on a du mal à saisir son importance…

On a tendance à oublier que les soldats allemands furent eux aussi utilisés comme de la chair à canon par la monarchie vieillissante de Guillaume II. La 1ere guerre mondiale fut très meurtrière du coté allemand puisque l’armée allemande était présente sur tous les fronts.

Après la fin de la guerre, la France a légué le sol de ce cimetière a l’Allemagne à perpétuité.

L’ambiance est très différente dans les cimetières allemands. Les croix sont noires, il y a de nombreuses fosses communes car malheureusement d’innombrables corps ne purent être identifiés… Les allemands décidèrent de planter des chênes dans tous leurs cimetières.

poppies

Ypres ou Ieper pour les britanniques

Avez vous déjà entendu parler du Last Post? Non il ne s’agit pas de la Poste mais d’un hommage quotidien qui retenti chaque soir à 20h précises. Le « Last Post » résonne sous les voûtes impressionnantes de la Porte de Menin depuis 1928 lorsque le chef de la police d’Ypres, Pierre Vandenbraambussche, fonda the Last Post Association..Le seul moment ou The Last Post n’a pas retenti sous Meningate a été les quatre années entre 1940 et 1944, quand Ypres était occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période, la cérémonie quotidienne s’est tenue au Brookwood Military Cemetery, dans le Surrey (Angleterre).

Cette année, en raison du Covid, La cérémonie de l’Armistice et le dépot de gerbe apres le Last Post aura lieu sans public! Seuls les musiciens, Le maire, le ministre de la défense belge,et le représentant du Commonwealth seront présents.

Tyne Cot, le plus grand cimetière britannique d’Europe

Il s’agit du plus grand cimetière du Commonwealth situé sur le continent,Environ 12.000 soldats sont enterrés au cimetière du Tyne Cot. De plus, son mémorial rend hommage aux 35.000 soldats disparus après le 15 août 1917 et qui ne possèdent pas de tombe connue.

C’est le témoin le plus important de la tristement célèbre bataille de Passendale.

La tombe de John Maccrae l’auteur du poème le plus célèbre la 1ere guerre mondiale

In Flandres Fields the poppy grows…Avez vous déjà entendu ce poème? Publié le 8 décembre 1915 dans un coin de page du magazine anglais « Punch » le poème fut très vite adopté par le publique et commença a être recopié dans les lettres des soldats.

La fin de la guerre vu par les allemands

A partir d’Aout 1918 la situation devient très compliqué pour les allemands. A partir de septembre l’état-major allemand demande au Kaiser Wilhem aka Guillaume II, la négociation d’une Armistice avec les Etats -Unis Le 23 Octobre le président Wilson demande une capitulation avant le début des Négociation.

C’est l’ébullition à Berlin ! Le général Ludendorff demande de combattre l’ennemi avec plus de force encore pour ne pas se laisser humilier. Après une escarmouche avec un navire britannique à Kiel, la situation empire et les marins refusent de se sacrifier pour une bataille qui ne changera pas le cours de la guerre. Le 3 Novembre la ville de Kiel est en ébullition, des manifestations éclatent, c’est le début de la révolution de novembre. Le 7 la Bavière se déclare indépendante. Le 8 Novembre les négociations commencent à Compiègne. L’empereur est prêt à rappeler l’armée du front pour s’occuper des révolutionnaires ! Le Lendemain, le 9 Novembre, le nouveau chancelier Max von Baden s’aperçoit que la monarchie ne tiendra plus longtemps (bien qu’il soit lui-même issu des plus hautes sphères de l’aristocratie allemande) et à 14h au Reichstag Philippp Scheidemann prononce un discours resté célèbre : Das Alte une morsche, die Monarchie ist zusammengebrochen. Es lebe das neue. Es lebe die Deutsche Republik. Soit « Le vieux et le pourri se sont effondré. Vive le neuf, vive la République.

L’armistice, enfin!

Le 10 Novembre l’Assemblée allemande instaure le conseil des députés du peuple constitué de 6 membres. Le lendemain, le « Rat der volksbeauftragen » accepte la fin des combats. Les chefs d’états- majors prennent la route pour Compiègne et le 11 Novembre à 5h15 du matin la fin de la première guerre mondiale est signée !

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